Pour commencer, une petite définition :FÉE: Maîtresse de la magie.
Elle symbolise les pouvoirs paranormaux de l'esprit
ou les capacités prestigieuses de l'imagination.
Elle opère les plus extraordinaires transformations
et en un instant comble ou déçoit les désirs les plus ambitieux.
au fil de mes promenades sur internet, j'ai trouvé quelques articles intéressant et expliquant bien l'origine des fées. Laissez moi parler de ces petites créatures à l'aide de ces sites fabuleux.
Malheureusement, plus personne, de nos jours, ne croit aux fées, (à part moi peut-être) y compris les jeunes fans de Harry Potter ou du Seigneur des Anneaux. Au Moyen-Âge, au contraire, les enfants n'étaient pas les seuls à croire en l'existence de ces êtres merveilleux. Dans un univers mental entièrement étranger au nôtre, dans sa conception du divin et sa relation au sacré, la question posée par ces figures fantastiques ambiguës est moins celle de leur existence que celle de leur signification, de la place que peut attribuer la religion chrétienne à ces figures survivantes de cultes anciens. Ce n'est pas la réalité du surnaturel qui pose problème, c'est son interprétation.
Les fées telles que nous les connaissons sont nées au Moyen-Âge. Elles sont les héritières de deux sortes de puissances païennes. Il y a tout d'abord les Moires grecques, équivalentes des Parques romaines, déesses du Destin, qualifiées dans certains textes de fata ou fatae (de Fatum, le «Destin» en latin), elles-mêmes proches, de par leurs fonctions, de divinités germaniques comme les Nornes ou les Dises. Les fées ont aussi beaucoup emprunté aux Nymphes helléniques, ces «femmes de la forêt» (sylvaticas) qui recherchent l'amour des mortels. On retrouve d'ailleurs là, avec l'union d'un mortel et d'un être surnaturel, un conte-type du folklore universel (que Dumézil avait qualifié en son temps de «mélusinien», lorsqu'il analysait l'histoire de l'Apsara Urvashî).
Les fées médiévales se trouvent partagées par ce double héritage, qui distingue des «fées marraines» et des «fées amantes». Elles incarnent, dans l'imaginaire des hommes d'alors, bien des fantasmes liés à la représentation de la femme et de la féminité.
Les fées marraines fixent le destin du nouveau-né, et il est important de s'attirer les bonnes grâces de ces susceptibles déesses en préparant un bon repas à leur intention. les fées amantes sont l' image du désir. Les contes merveilleux dessinent ici une nouvelle typologie des fées, distinguant la femme fantastique qui soumet l'homme aux lois de son désir, le ravissant dans un autre monde (et dont le modèle est Morgane, maîtresse du «Val sans retour» ou de la mystérieuse île magique d'Avalon) et la femme fantastique qui vient vivre parmi les mortels, «comme une femme naturelle». Mélusine en constitue le modèle ; c'est une puissance «maternelle et défricheuse», bien plus positive que la fée Morgane, car bienveillante et civilisatrice, même si sa transformation en serpente la rend fort inquiétante. La bonne Dame du Lac du cycle arthurien, nourrice de Lancelot, est elle-même fort ambiguë. Elle était autrefois une demoiselle chasseresse qui a acquis sa nature féerique en trompant l'enchanteur Merlin, qui était amoureux d'elle. Par la suite, elle enlève son fils à la mère du meilleur chevalier d'Arthur pour l'élever dans son royaume magique, mais elle l'envoie finalement servir le roi après l'avoir formé.
Le monde des fées est peuplé de bien d'autres créatures, notamment masculines. Certaines sont effrayantes, tels le géant, qui incarne les forces brutales, ou l' «homme sauvage» dont Merlin, le «fils du Diable», représente un modèle dans certaines versions de sa légende, ou encore les revenants de la terrible armée des morts, sans parler des loups-garous qui manifestent une séparation pas toujours très claire entre les règnes de la nature. D'autres sont plus inoffensives, comme les petits êtres fées : les nains, les lutins, les gobelins, les elfes ou autres follets, d'autres créatures qui m'attirent beaucoup.
Tous évoluent dans un univers qui est à la fois très différent et très voisin du nôtre. La forêt et l'eau constituent des lieux de passage vers cet autre monde, où le temps lui-même est magique. Mais les deux univers doivent rester séparés, d'où le caractère éphémère et secret des communications qui s'établissent parfois entre l'un et l'autre.
quant au plan idéologique qui a permis la transmission des récits mettant en scène les fées et les êtres féeriques, le premier prisme est celui des clercs, qui ne voient dans ces croyances que des survivances de cultes idolâtres : les fées et leurs comparses sont intégrés à la foule des démons ; elles sont donc satanisées. Une lecture ecclésiastique plus rationaliste rapproche les fées de sorcières ; elles ne sont donc plus que des mortelles qui ont acquis leur art magique par des moyens peu recommandables. Mais les clercs écrivent aussi pour le compte de seigneurs avides de beaux romans d'aventures ; ils intègrent alors le monde des fées à la nouvelle culture laïque et aristocratique qui s'épanouit dans la littérature en langue vernaculaire. On est là en présence du second prisme idéologique : plusieurs lignages féodaux se dotent même de la gloire ambiguë d'un ancêtre surnaturel (tels les Lusignan prétendant descendre de Mélusine). Dans ce cadre, les fées sont des puissances bien plus recommandables ; elles réactualisent la nécessité pour les élites de se doter d'une ascendance glorieuse, supérieure à celle des autres humains.